Bytown : une ville tumultueuse

La création d’organismes sociaux et communautaires privés amènera un peu d’ordre et de stabilité dans la jeune ville de Bytown, mais elle aura aussi pour effet d’exacerber les différences culturelles entre les groupes. Les tensions entre ces groupes toujours prêts à défendre leur culture provoqueront souvent des confrontations violentes lorsque les conditions de travail ou l’honneur seront en cause. Ces tensions contribueront à faire de Bytown un endroit extrêmement dangereux dans ses premières années. Dans une lettre, un fonctionnaire écrit : « Il ne se passe pas une soirée sans qu’il y ait une émeute ou une bagarre générale, et le dimanche ne fait pas exception ». Les ouvriers irlandais qui vivaient dans la pauvreté étaient le plus souvent tenus responsables de ces affrontements, mais on ne sait trop si ces accusations reposaient sur des faits ou sur des stéréotypes culturels négatifs. Puisque le droit de vote était réservé aux propriétaires fonciers, la violence était souvent le seul moyen pour les immigrants les moins nantis et les groupes les plus persécutés de se défendre ou d’essayer de faire changer les choses. Hélas, cette situation n’a pas fait grand-chose pour atténuer les stéréotypes ou promouvoir la paix et le dialogue entre les diverses factions belligérantes de la population.

Points d'intérêt

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[Source: Fonds Famille Maule / Earl of Dalhousie. “36 plans and abstract of the estimate of expenditure of the Rideau Canal”, 1828. National Archives of Scotland. GD45/3/9.; [Mrs. Firth’s Tavern, Bytown 1830]. LCL John By, fonds publiés de Bibliothèque et Archives Canada, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition MIKAN 2837923, C-000226.]

Durée: 19 secondes
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La taverne Firth’s

Ouverte en 1819 et propriété d’Isaac Firth, un citoyen de longue date, la taverne Firth’s fut un débit de boisson très fréquenté au débarcadère Richmond. Au fil des ans, les ouvriers et les membres des Royal Engineers qui travaillaient sur le chantier du canal dépensèrent beaucoup d’argent à cet endroit après le travail. Durant les années de violence à Bytown, de nombreuses bagarres et révoltes éclatèrent à la taverne. Cette aquarelle fut peinte par le lieutenant-colonel By en 1830, quatre ans après le début de la construction du canal Rideau.

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Timbre-poste à l’effigie de Jos MonteferrandEnlarge

[Source: Jos Montferrand, bûcheron, timbre de 1992. Fonds de la Société canadienne des postes, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d’acquisition MIKAN 2266335.]

Le grand Jos Montferrand

Originaire de Montréal, le Canadien français Joseph Montferrand (1802-1846) vint à Ottawa pour gagner sa vie comme bûcheron. Il mesurait 1,8 m (six pieds et deux pouces) et avait la réputation d‘être extrêmement fort et agile pour un homme de sa stature. Montferrand était un homme extraverti et gentil avec tout le monde à Bytown, mais il était constamment mis à l‘épreuve par les nombreux bagarreurs de Bytown, qui s’organisaient souvent à plusieurs pour prendre le géant par surprise. Selon la légende, c’est lors d’une attaque organisée que Montferrand s’est rendu célèbre en saisissant un attaquant par les chevilles et en le faisant tournoyer au-dessus de sa tête, envoyant culbuter un à un tous ceux qui se trouvaient dans les parages. Même les bûcherons des États voisins entendront parler de la force et de la férocité de Montferrand comme bagarreur.

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Photographie d’une matraque des policiers de BytownEnlarge

[Source: Matraque des policiers de Bytown (Billy Club), vers 1847, bois, Musée Bytown, M17.]

Matraque des policiers de Bytown

Cette matraque de bois, qu’on surnommait « Billy Club », date des environs de 1847 à Bytown. Cet instrument a probablement été utilisé par les membres des Royal Engineers que le lieutenant-colonel John By avait affectés au maintien de la loi et de l’ordre dans les rues de Bytown.

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Une ville sans loi» Les autorités locales«